Homélie du 27 juin 2021 

Textes du 13ème dimanche   Année A

par le père Jean Paul Cazes

Sg 1,13-15 + 2,23-24     Ps 29 (30)     2 Co 8,7+9+13-15     Mc 5,21-43

Quel est le mot, ou la phrase, qui vous a personnellement touché en écoutant les trois passages bibliques de ce jour ? Quelle est la phrase que vous allez emporter de cette messe pour vous la répéter tout au long de la semaine, la ruminer pour en vivre ? Si l’Eglise prend la peine de nous donner trois textes chaque dimanche, c’est pour qu’ils nous servent dans la semaine qui suit.

Je vous cite quelques-unes de ces phrases.

Dans le livre de la Sagesse :

= Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants.

= La puissance de la mort ne règne pas sur la terre

= Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité

Dans la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe :

  • = …vous avez tout en abondance : la foi, la Parole, la connaissance de Dieu
  • = (Jésus-Christ) qui est riche, s’est fait pauvre
  • à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Dans l’Evangile :

  • = Viens imposer les mains (à ma fille) pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive
  • = Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée
  • =Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui
  • = La femme, saisie de crainte … vint se jeter aux pieds (de Jésus)
  • = Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal.
  • = Ne crains pas, crois seulement
  • = Jeune fille, je te le dis, lève-toi.

Voilà ma sélection ; il est probable que la vôtre serait différente, mais peu importe ?

Est-ce l’une de ces phrases, ou une autre, que vous allez retenir tout au long de la semaine ?

Il existe plusieurs techniques pour se souvenir d’une phrase :

  • = on la surligne en couleur dans son missel ou son Prions en Eglise
  • = on l’écrit dans son agenda
  • = on la colle sur la porte du frigo
  • = on la place en évidence sur sa table de nuit

L’important, c’est qu’elle habite notre mémoire et nous serve de guide spirituel au long de la semaine.

Ce peut être une phrase dans laquelle on se reconnaît, dans laquelle on reconnaît le problème ou la difficulté qui nous habite comme, par exemple :

« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

Ou bien ce peut être un mot qui secoue notre faiblesse dans la foi, notre doute, nos peurs :

« Ne crains pas, crois seulement. »

Ou bien alors ce peut être une phrase qui heurte nos connaissances, ou notre expérience, du genre :

« Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. »

Je vais rester quelques instants sur cette phrase pour la méditer, en espérant ne blesser aucun d’entre vous qui serait dans la peine ou le deuil.

« Dieu n’a pas fait la mort ».

De quelle mort parle l’auteur du livre de la Sagesse ?

Si c’est de la mort physique, on peut légitimement penser que la mort est sinon créée par Dieu, du moins acceptée par lui comme une conséquence de la Création. La mort physique touche tous les êtres ; le Fils de Dieu fait homme n’y a pas lui-même échappé.

Dieu n’a peut-être pas créé la mort, mais il la permet.

Mais, encore une fois, est-ce de la mort physique dont parle la Sagesse ? N’est-ce pas plutôt de la mort spirituelle, c’est-à-dire du refus absolu de Dieu par l’homme ? Car la raison donnée est une indiction spirituelle mais pas une explication scientifique : « C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde. »

 Le fait d’évoquer la mort spirituelle n’est pas une méconnaissance ou un mépris de la souffrance et de la mort physique. Jésus en donne deux preuves : la guérison de la femme et la résurrection de la fillette.

Jésus n’a pas guéri de son temps toutes les femmes malades, il n’a pas ressuscité tous les enfants morts. Ces deux actions sont des signes de ce qu’il est venu faire dans l’humanité : nous donner à tous l’incorruptibilité en nous rendant semblables à lui.

Car Jésus, comme son Père, ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants, que ce soit de mort physique et, plus encore, de mort spirituelle.

Mais la question que pose le livre de la Sagesse est quelque chose de ce genre :

  • = croyons-nous vraiment que notre Dieu aime la vie ?
  • = n’avons-nous pas tendance à le relier à la souffrance et à la mort plus qu’à la vie ?
  • = avons-nous compris que la sauvegarde de la vie terrestre sous toutes ses formes est un acte profondément spirituel, c’est à dire inspiré par l’Esprit Saint ?

La lutte contre la souffrance et la mort ne nous empêche pas de mourir physiquement, mais nous rend semblables à Dieu qui aime la vie.

La lutte contre la souffrance et la mort sous toutes ses formes et selon nos moyens nous prépare et nous ouvre à la vie d’amour définitive en vue de laquelle Dieu nous a créés.

C’est en ce sens qu’on peut dire avec l’auteur du livre de la sagesse que Dieu n’a pas fait la mort et qu’il nous a créés pour partager sa propre vie.

Vous savez que les évangiles ont été écrits après la Passion et la Résurrection. Les évangélistes ont cela en mémoire. Lorsqu’ils racontent que Jésus opère une guérison ou une résurrection, c’est, pour eux, comme un avant-goût de la résurrection du Seigneur : Jésus s’est relevé d’entre les morts pour nous en relever, nous aussi : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi. Aussitôt, la jeune fille se leva et se mit à marcher. »

Peut-être est-ce la phrase que vous allez conserver ?

Que St Pierre-St Paul nous guident dans ce choix.

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