Homélie du 24-25 décembre 2025   NOËL

 

 

par le Père Jean Paul Cazes


Nous y voici enfin !

Nous voici à ce Noël si attendu par les enfants, si désiré bien que si fatigant pour les mères de famille, si redouté par les personnes seules et malades.

 

Depuis plusieurs jours, je me suis interrogé sur ce que j’allais vous dire ;

vous savez tout sur la naissance de Jésus ;

vous savez l’attente du Messie par le peuple juif ;

vous savez l’Annonciation  à Marie et l’annonciation à Joseph ;

vous savez le chant des anges et la présence des bergers suivis, à quelques semaines près, par les mages venus d’Orient.

Je n’ai rien à vous apprendre au sujet de ces événements.

Par contre, aujourd’hui, j’aimerais vivre un temps de silence avec vous.

 

Ne rien avoir à vous dire c’est, d’une certaine manière, ressembler àJésus enfant. Jésus est « infans » comme on dit en latin, c’est à direqu’il ne parle pas.

Il ne dit rien, mais son silence nous force à tendre l’oreille pour comprendre son langage.

Il est toute confiance entre les bras de ses parents.

Il est venu par amour et il est entouré de l’amour de Marie et de Joseph.

Il est né dans la nuit de Galilée qui est le symbole de toutes nos nuits, y compris nos nuits de la foi.

 

J’aimerais rester en silence avec vous, auprès de lui.

J’aimerais, comme Marie et comme Joseph, et quelques jours plus tard comme Syméon, tenir l’Enfant dans mes bras.

Tenir Jésus dans les bras, comme nous le tiendrons dans nos mains, ou sur nos lèvres, tout à l’heure, pour celles et ceux qui communieront.

Pour tous, que nous ayons communié ou non, le sentir par l’intermédiaire de son voisin lorsque nous nous donnerons le geste de paix, ce geste si vite esquissé, si timide souvent. Mais geste qui dit plus que toute parole que nous n’avons pas mieux à nous souhaiter que la Paix en (cette nuit / en ce jour) de la naissance de celui qui s’appelle Prince de la Paix.

 

Dans le silence de (cette nuit /de ce jour ), dans cette paix échangée, nous serons cœur à cœur avec lui, et c’est bon ! Car, que dire d’autre que des mots qui sont usés à force d’être utilisés comme paix, amour, justice, confiance, sourire, joie, mais des mots qui retrouvent sens et vigueur au contact de ce tout petit né de Marie ? Ces mots, nous en avons tellement besoin, ils nous manquent tellement !

 

Suis-je en train de rêver ? C’est possible. Mais je n’ai pas à vousparler de l’état du monde. Je n’ai pas à prendre le rôle du journal télévisé. J’ai à vous dire que l’amour est la réalité du monde la plus réaliste, la plus forte, la plus révolutionnaire. Et cette réalité est tout entière concentrée dans ce tout petit qui est notre grand Dieu et que Marie tient dans ses bras ; elle nous le tend, elle le tend à chacun de nous.

Ne le refusons pas. Acceptons-le, d’une manière ou d’une autre. Ce sera pour certains par le pain de l’eucharistie ; pour d’autres, par le geste de paix ; pour d’autres encore par un chant qui leur mettra les larmes aux yeux. On peut pleurer de joie.

 

Un enfant nous est né, un fils nous est donné : c’est la source de vie la plus puissante et la plus pure. Celle dont nous avons besoin, celle que Dieu notre Père nous offre continuellement comme pain de vie.

 

Ce soir (Aujourd’hui), grâce à Jésus, je vous souhaite l’amour.

Homélie du 14 décembre 2025    3ème dimanche de l’Avent   Année A

Par le père Jean Paul Cazes

Is 35, 1+6a-10   Ps 145   Jac 5,7-10   Mt 11, 2-11

 

 

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Pour ce troisième dimanche de l’Avent, j’en resterai à cette phrase. Le contexte en est clair : Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, est en prison. Il envoie deux de ses disciples interroger Jésus. Est-ce pour lui-même qu’il fait poser cette question, ou pour éclairer ses disciples ? Vous savez peut-être que, durant le ministère de Jésus, les juifs se demandaient qui était le Messie : était-ce Jésus ou était-ce Jean ? Jean lui-même connaissait évidement la réponse mais pas forcément très clair pour sesdisciples ; voilà pourquoi il les envoie auprès de Jésus.

Les Juifs attendaient le Messie depuis Moïse. Mais quels étaient les critères pour le reconnaitre ? Certains attendaient qu’il soit le nouveau roi d’Israël : rappelez-vous les acclamations de la foule le jour des Rameaux. D’autres attendaient qu’il soit le nouveau grand Prêtre qui remplacerait le grand Prêtre d’alors qui collaborait avec les romains, ces occupants païens.

A la question de Jean, Jésus va répondre par des faits, des faits qui ont été annoncés il y a bienlongtemps par plusieurs prophètes comme Isaïe : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteuxbondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. » Et Jésus dit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouventla vue, et les boiteux marchent, les lépreux  sont purifiés, et les  sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »

Les disciples envoyés par Jean sont les témoins de ce que Jésus réalise. Ils vont pouvoir rapporter à leur maître ce que fait Jésus et en tirer la conclusion qui s’impose : Jésus est vraiment celui qui est attendu. Le temps de la germination a été long ; Israël a dû attendre avec patience, mais le temps est venu, le Messie est présent.

Dans ce temps de Noël, est-ce vraiment Jésus que nous attendons ? Si vous aviez le loisir de me répondre, vous diriez spontanément « Oui ». Mais est-ce bien lui que nous espérons ? Et, si oui, à quelsigne – au singulier comme au présent – le reconnaissons-nous ? Il est trop facile de seulement répéter les signes que Jésus lui-même donnait : guérisons d’aveugles, de sourds, de boiteux, résurrection des morts. Il est trop facile de répéter ce que nous avons appris au catéchisme, ou ce que nous découvrons au catéchuménat, pour affirmer que Jésus est le Messie, aujourd’hui, comme hier, et qu’il est mon Messie, celui qui vient pour moi !

Qu’est-ce qui, dans la vie du monde, dans celle de l’Eglise, et dans ma propre vie peut me permettre d’affirmer : Jésus est LE Messie ? Avons-nous soif de rencontrer Jésus, tel qu’il est, et avec les conséquences que cette rencontre entraîne, ou attendons-nous seulement de fêter en famille et entre amis un moment de détente, en dehors de la vie préoccupante du monde ?

Car, rencontrer Jésus est dangereux : je mets ce mot entre guillemet. Oui, il est dangereux de rencontrer Jésus, de le rencontrer en profondeur, d’homme à homme si j’ose dire. Car, le rencontrer, c’est accepter d’entrer dans sa manière de vivre ; le rencontrer, c’est accepter de changer quelque chose dans notre vie ; le rencontrer, c’est ouvrir les yeux sur ce qu’il est et ce qu’il fait ; c’est ouvrir les oreilles à son enseignement ; c’est accepter de marcher à ses côtés jusqu’à la croix ; c’est accepter d’être purifiés de nos lèpres. Ce sont toutes les conséquences de Noël, voilà pourquoi je disais que c’est dangereux de rencontrer Jésus : il nous fait sortir de notre zone de confort, comme on dit maintenant.

Nous préparons-nous, au cours des dix jours qui nous restent, à accueillir celui qui vient changer nos vies, ou attendons-nous un messie de pacotille qui sera oublié sitôt passé le 25 ? Faisons nôtre, aussi profondément que possible, la parole de st Jacques : « Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. »

 

 

 

Noël 2025

HORAIREs DES MESSES DE NOËL À SAINT PIERRE SAINT PAUL

Messes de la veille de Noël
Mercredi 24 décembre : 17h 19h30 et 22h

Messes du jour de Noël

Jeudi 25 décembre : 9h30 11h00

Homélie du 1er novembre 2025    TOUSSAINT

 

Ap 7,2-4+9-14   Ps 23   1 Jn 3,1-3   Mt 5,1-12a

par le Père Jean Paul Cazes


J’imagine
sans difficulté que beaucoup d’entre nous souhaitent qu’il y ait beaucoup de prêtres. Moi-même, chaque soir, je prie pour les prêtres que je connais tout en souhaitant que des jeunes répondent à cet appel.

Nous voulons des prêtres, mais pourquoi faire ? La réponse semble trèssimple : pour donner les sacrements.

Mais à quoi servent les sacrements ?

Je me souviens d’une rencontre avec des parents qui souhaitaient le baptême pour leur enfant. A la question tout simple : « Pourquoi voulez-vous que votre enfant soit baptisé ? » un papa m’avait répondu : « Pour qu’il soit protégé contre Dieu. »

Si cette réponse m’a chagriné, elle ne m’a pas étonné. Elle vient de très loin, du fond des siècles. Il y a des siècles et des siècles, je dirais même des millénaires, les hommes assimilaient à Dieu les forces de la nature. D’ailleurs on voit cela dans les passages les plus anciens de la Bible. Les forces de la natureétaient divinisées car souvent incontrôlables ; la pauvre Jamaïque vient de subir un terrible ouragan meurtrier. Si donc les forces de la nature étaient Dieu, il fallait s’en protéger ; et Dieu lui-même avait donné des moyens de se protéger de lui : ce sont toutes les incantations magiques qu’on peut trouver chez les religions antiques ou chez les peuples primitifs. Il suffisait alors de bien appliquer ces rites et ces prières magiques pour se mettre à l’abri de la colère divine.

Ces rites magiques ont perduré ; ils existent encore à notre époque, et dans notre pays. Car, sous des aspects chrétiens, beaucoup de nos concitoyens ne sont pas encore christianisés. Beaucoup de nos concitoyens ont peur de Dieu et viennent à l’église, ou demandent un sacrement, ou souhaitent des prières pour se protéger contre Dieu et se servir de lui : « Je te donne une prière, ou je te fais dire une messe, ou je vais en pèlerinage et toi, Dieu, en revanche, tu me donnes telle ou telle chose. » On conçoit Dieu comme une sorte de distributeur automatique, ou comme une immense force contre laquelle il est préférable de se protéger. Voilà à quoi servirait les sacrements, et voilà quel serait le ministère des prêtres.

Là, on fait fausse route !

Si les sacrements sont plus que nécessaires, ce n’est pas pour nous protéger de Dieu, mais, au contraire, nous rapprocher progressivement de Lui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’Il nous aime, lui qui est notre Père. Jésus est venu pour nous délivrer de la peur de Dieu. Le brave papa dont je vous parlais tout à l’heure se trompait de Dieu ; il croyait en un Dieu tout puissant et terrible ; il n’était pas encore chrétien. Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu dont la toute-puissance consiste à nous aimer. Dieu, tel que Jésus nous en parle, ne sait qu’aimer ; si j’ose dire, il ne sait faire que ça. C’est ce que nous dit st Jean dans notre seconde lecture : « Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. »

Les sacrements nous rapprochent de ce Dieu-là. Les sacrements nous emmènent vers la sainteté qui est la vie même de Dieu. La sainteté ne vient pas de nous, elle vient de Dieu, elle est un cadeau de son amour, elle n’est pas d’abord une perfection morale qui viendrait de nous. Les saints que nous honorons aujourd’hui ne sont pas devenus saints à la force du poignet ; ils ne sont pas devenus saints par leurs seuls mérites ; ils sont devenus saints parce qu’ils ont cru vraiment que Dieu les aime ; et ils ont accepté de répondre à son amour, même de façon maladroite.

La vocation de l’être humain, ce n’est pas de se marier et d’avoir des enfants, même si cela est très bon. La vocation de l’être humain, ce n’est pas d’accéder à un poste supérieur où il sera mieux payé, même si cela est utile. La vocation de l’être humain, ce n’est même pas de devenir religieuse, ou religieux, ou prêtre : la vocation de l’être humain, c’est de devenir un être totalement épanoui grâce à l’amour que lui porte Dieu. En un mot, la vocation de l’être humain est de devenir saint. Par pitié, merci d’enlever des têtes tout ce qui est du folklore : toutes les images bêtifiantes genre sulpicien qu’on voit souvent sur les tableaux ou dans les statues. Cela ne sert souvent qu’à nous éloigner de la vraie sainteté. La sainteté, c’est quelque chose de sérieux, de vital. La sainteté n’est pas quelque chose « en plus » de notre vie humaine. Elle est le sens fondamental de notre vie humaine, telle que Dieu, notre Père, nous l’offre. Nous sommes créés pour devenir saints. La réussite de la vie d’un être humain est de marcher vers la sainteté. St Jean le dit à sa manière : « Et quiconque met en (Dieu) une telle espérance se rend pur – c’est-à-dire saint – comme lui-même est pur. »

Si c’est pour cela que nous voulons des prêtres, si c’est pour cela que noussouhaitons recevoir par leur ministère les sacrements, alors nous sommes sur le bon chemin, le chemin de Celui qui nous a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » c’est-à-dire Jésus-Christ !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Homélie du 5 octobre 2025   27ème dimanche ordinaire   Année C

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Hab 1, 2-3 ; 2,2-4   Ps 94   2Tm 1, 6-8+13-4   Lc 17,5-10

 

La liturgie de ce dimanche nous offre un passage du prophète Habaquq, un passage de la secondeépître de Paul à Timothée et un passage de l’évangile selon st Luc. Quel rapport entre ces trois passages ? La foi, et la foi sous plusieurs aspects.

Le dernier verset d’Habaquq est : « …le juste vivra par sa fidélité. » St Paul reprendra cette affirmation dans beaucoup de ses épîtres pour nous dire que c’est par la foi en Jésus-Christ, et par elle seul, que nous sommes en lien avec Dieu. C’est par la foi en Jésus-Christ que nous sommes sauvés. Certes, notre foi doit être active ; elle doit produire des fruits qui sont nos mérites. Mais nous pourrions avoir les plus grands mérites du monde, ils ne nous sauveraient pas. C’est le Christ lui-même, par sa mort et sa résurrection, qui nous offre le salut. Par contre, si la foi en lui, et non pas nos actes, nous offre le salut, c’est-à-dire l’union avec Dieu, nos actes peuvent nous séparer du Seigneur.

Dans notre seconde lecture, le même st Paul dit à son disciple Timothée : « Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous. » La foi ne nous appartient pas, ; en rigueur de terme, nous ne pouvons pas dire « J’ai la foi » ; il serait meilleur de dire : « je suis croyant » ; la foi est d’abord un don de Dieu auquel nous répondons en la gardant et en la faisant croître comme une bonne plante. Souvent, tel ou tel d’entre vous m’a dit : mon petit-fils n’a pas la foi, pourquoi ? Il y a de multiples raisons à cela. Dieu ne demande qu’une chose pour donner la foi : une ouverture d’esprit et de cœur. Car la foi, il l’offre à tous. Pouvons-nous penser, un instant, que ce qui est si nécessaire à l’homme soit refusé par Dieu ? Pouvons-nous penser un instant que Dieu, qui est notre Père à tous, puisse, comme dans un jeu cynique, offrir la foi à certains et la refuser à d’autres ? Mais l’être humain est délicat à manier, même pour Dieu ; si notre Père offre la foi, il ne l’impose jamais ; la foi est offerte, mais la réponse de foi doit être libre. Parfois, tout simplement, la réponse de foi ne vient pas parce que tel ou tel n’a jamais entendu parler de Jésus-Christ, y compris dans nos propres familles.

Quant à Jésus, dans st Luc, il dit : « Si vous aviez la foi comme une graine de moutarde … » Là, il s’agit de l’efficacité, ou de la puissance de la foi. (Entre parenthèses, j’espère que vous avez remarqué l’humour de Jésus : vous voyez le bois de Boulogne qui se déracine pour aller piquer une tête dans laSeine ?) Jésus affirme que l’efficacité de la foi vient d’une foi minuscule. Ce qui veut dire que nous n’avons même pas une graine de moutarde de foi ; ou que nous ne savons pas nous en servir. En somme, nous ne croyons pas à la foi ! Nous ne croyons pas en son efficacité. Certes, si la foi avait en nous son origine, elle ne produirait pas grand-chose ; mais est-ce de nous qu’elle dépend ? Il dépend de nous de la recevoir, certes, mais nous n’en sommes pas l’origine. Or, dans la mesure où l’origine de la foi c’est le Seigneur, pourquoi douter de son efficacité ?

De ces quelques remarques, je tire trois prières possibles que je vous suggère.

1) D’abord une prière de remerciement : Nous te rendons grâce de

Connaître, d’aimer et de croire dans le Christ. Comme l’écrit Paul aux Ephésiens : « C’est par la grâceque vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ; vous n’y êtes pour rien, c’est le don de Dieu.Cela ne vient pas des œuvres … (Eph 2,8-9)

2) Ensuite une prière de demande, comme celle du père dont le fils

vient d’être guéri par le Christ : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9,24)

3) Enfin une prière de demande de pardon : Pardon de ne pas croire

suffisamment dans l’efficacité de la foi que tu nous donnes. Avec elle, nous pouvons réaliser bien plus et bien mieux que de transplanter des forêts, commePierre qui guérit l’infirme en lui disant : « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ…marche ! » (Ac 3,6)

 

 

 

 

Prière du pape LeonXIV sur la création

Seigneur, Tu aimes tout ce que Tu as créé,
et rien n’existe en dehors du mystère de Ta tendresse.
Chaque créature, même la plus petite,
est le fruit de Ton amour et a sa place dans ce monde.

Même la vie la plus simple ou la plus éphémère est entourée de Ton soin.
À l’exemple de saint François d’Assise, nous voulons Te dire aujourd’hui :
« Loué sois-Tu, mon Seigneur ! ».

À travers la beauté de la création,
Tu Te révèles comme source de bonté. Nous Te prions,
d’ouvrir nos yeux pour Te reconnaître,
d’apprendre, par le mystère de Ta proximité avec toute la création,
que le monde est infiniment plus qu’un problème à résoudre.
C’est un mystère à contempler avec gratitude et espérance.

Aide-nous à découvrir Ta présence en toute créature,
afin qu’en la reconnaissant pleinement,
nous nous sentions responsables de cette maison commune
où Tu nous invites à prendre soin, à respecter et à protéger
la vie sous toutes ses formes et dans toutes ses possibilités.

Loué sois-Tu, Seigneur !

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-09/intention-priere-pape-protection-creation-saint-francois-message.html

 

Homélie du 10 août 2025   19ème dimanche ordinaire    Année C

Sg 18,6-9   Ps 32   Hbx  (lecture brève) 11,1-2+8-12

Lc (lecture brève) 12,35-40

par le père Jean Paul Cazes

​Dans cette page d’évangile, Jésus parle beaucoup de service : « Restez en tenue de service… », « Heureux ces serviteurs… », « passera pour les servir. » Et encore, je ne vous ai lu que la première partie. 

​Le mot service, ou le verbe servir, est la devise de beaucoup d’organisations, depuis les scoutsjusqu’aux soldats, en passant par les pompiers, les infirmières et tant d’autres. Jésus parle de ce qu’il connaît par expérience puisqu’il est venu non pour être servi mais pour servir comme il le dit lui-même. Vous avez certainement remarqué ce renversement étonnant :  c’est lui qui, la ceinture aux reins, servira à table les serviteurs qui auront veillé à son retour des noces. Lorsque j’étais curé à Neuilly, un de mes servants de messe était un ancien vice-amiral pour qui c’était un honneur de servir la messe. Lors de son enterrement, son épouse avait choisi notre évangile ; et, en souriant, je me suis plu à imaginer Jacques,tout gêné d’être servi par son Seigneur alors qu’il avait passé sa vie à servir. 

​Oui, tout ce qui tourne autour du service revient souvent dans la bouche de Jésus. Pourtant, ce n’est pas une leçon de bonne morale qu’il veut nous donner. En jouant avec les mots, je dirais que la notion de service est ici au service d’une réalité infiniment plus importante, une réalité que Jésus nousoffre dès le début : « …votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » Vous savez que l’expression royaume de Dieu, ou royaume des cieux,revient souvent dans l’enseignement du Seigneur. Par de nombreuses paraboles, il nous en parle commed’une réalité qui, pour lui, est tangible, j’allais dire concrète, sensible. Ce royaume n’est autre que la vie absolue, la vie d’amour, de paix et de justice qu’il est venu instaurer par son enseignement, sa vie, sa mort et sa résurrection. Nous sommes entrés dans cette vie par notre baptême ; nous ne la méritons pas, quelle que soit l’importance de nos bonnes actions. Cette vie qui est la vie même de Dieu, est un don gratuit, un don d’amour de notre Père. Ce n’est pas une vague promesse mais une affirmation : « votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »

​Est-ce que ce cadeau nous intéresse ?

Pour nous aider à répondre, Jésus avance deux séries de propositions, l’une à propos de ce que nous possédons, l’autre en ce qui concerne notre manière de vivre. Deux séries de propositions sur notre avoir et sur notre être. 

D’abord sur notre avoir. Les propos de Jésus sont excessifs dans leur forme, mais ils veulent nous secouer en disant : votre vie future ne dépend pas de ce que vous avez. Le Seigneur sait que nous avons besoin de biens matériels ; il ne nous demande pas de devenir de nouveaux François d’Assise. Mais il nous rappelle, un peu brutalement, que, finalement, la valeur de notre vie ne vient pas de ce que nous possédons mais de la manière et dans quel esprit nous les gérons. Le véritable pauvre est celui qui accepte de gérer ses biens en vue de Dieu comme nous l’a rappelé l’évangile de dimanche dernier. Où est notre vrai trésor ? S’il est dans l’espérance d’entrer, un jour un venir, dans la vie du Père, apprenons alors peu à peu à vivre l’esprit de pauvreté, l’esprit de ceux qui ne veulent pas « posséder ». 

Ensuite sur notre être, notre manière de vivre. C’est là que Jésus nous parle du service. Il nous en parle en faisant allusion à deux réalités qui ont du prix pour ceux qui l’écoutent : la fin de l’esclavage et l’Alliance. Il dit d’abord que nous devons nous tenir en tenue de service, ceinture autour des reins et lampes allumées. C’est la tenue des Hébreux le soir même de la sortie d’Egypte, le soir où leur esclavage a cessé : notre première lecture y fait allusion.Apprendre à gérer nos biens sans en être esclaves. 

Puis le Seigneur nous invite à être comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces. A travers toute la Bible, les relations entre Dieu et son peuple, que ce soit Israël ou l’Eglise, sont des relations d’Alliance. L’Alliance est la caractéristique même des relations que Dieu souhaite établir avec nous. Nous ne sommes pas les esclaves de Dieu, nous ne sommes pas ses employés ; si nous sommes ses serviteurs, c’est par amour, et non par devoir. D’ailleurs, Jésus nous dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs …je vous appelle amis… » (Jn 15,15)

Est-ce que le cadeau du Royaume nous intéresse ? Est-ce que la vraie richesse nous intéresse ? Est-ce que l’Alliance d’amour nous intéresse ? 

En ce cas, nous n’avons rien à craindre : « Sois sans crainte, petit troupeau » disait Jésus au petit nombre de ses disciples. Nous n’avons rien à craindre du moment où Jésus viendra nous faire entrer définitivement dans la vie d’amour de la Sainte Trinité.

Homélie du 6 juillet 2025 14ème dimanche temps ordinaire    Année C

Par le père Jean Paul Cazes

Is 66,10-14c   Ps 65   Ga 6,14-18   Lc 10,1-12+17-20 (lecture brève : 10,1-9)

Dans cet évangile, nous sommes facilement obnubilés par ce que dit Jésus quant au nombre des ouvriers : » La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Et nous rêvons à l’heureux moment où il y aurait assez d’ouvriers.

Mais permettez-moi quelques remarques.

La moisson sera toujours plus importante que le nombre d’ouvriers nécessaires. Heureusement ! Réjouissons-nous devant la moisson abondante au lieu de pleurer sur le petit nombre des ouvriers. Regardons, par exemple, le nombre croissant des catéchumènes, que ce soit dans notre paroisse, ou, plus largement, en France. Jésus ne dit pas : les ouvriers sont peu nombreux, car la moisson est abondante. Il dit : la moisson est abondante. C’est cela qui est premier, et qui est réjouissant. Le Père nous donne une moisson abondante : sachons le remercier pour cela avant de nous désoler du petit nombre d’ouvriers.

Prions-le pour que la moisson soit toujours plus abondante ; et si nous savons le remercier, alors notre demande d’ouvriers sera bien accueillie.

Car, c’est vrai, les ouvriers sont peu nombreux au regard de la moisson à entreprendre. Cette année, pour notre diocèse de Nanterre, il y a eu une seule ordination. Pour l’an prochain, aucune. Alors oui, il faut prier le maître de la moisson.

Mais il faut le prier pour obtenir des ouvriers de la moisson, pas uniquement des prêtres. Dans notre évangile, Jésus envoie 72 disciples ; il ne s’agit pas des Douze apôtres, mais de 72 parmi tous ceux qui suivaient Jésus. Ce qui veut dire que tout baptisé est appelé à la moisson. C’est là que se vérifie la pertinence de l’expression « disciples-missionnaires » chère au Pape François. Encore une fois, c’est la moisson qui est importante en même temps que la mission. Si les mots « disciple » et missionnaire » marchent ensemble, les mots « moisson » et « mission » aussi. Les 72 sont envoyés pour annoncer que le Règne de Dieu s’est approché de nous : le temps de la moisson est arrivé.

Rien ne sert de demander des ouvriers si nous n’acceptons pas de l’être nous-mêmes. Chacun de nous, par son baptême et sa confirmation, est légitime pour faire partie des moissonneurs. Ce qui est urgent, ce n’est pas le nombre des prêtres ; ce qui est urgent, c’est la moisson-mission.

Si chaque paroisse, si chaque communauté chrétienne avait la passion de la moisson-mission, alors le Seigneur ferait se lever au milieu d’elle un nombre suffisant de moissonneurs.

Que le Seigneur fasse de chacun de nous, et de notre paroisse entière, une communauté de disciples-missionnaires, une communauté passionnée par la moisson-mission pour que se lèvent au milieu de nous les ouvriers et les ouvrières dont l’Eglise a besoin pour le salut du monde.