Homelie du 5 novembre 2023    31ème dimanche   Année A

Ml 1,14b – 2,2b+8-10     Psaume 130   1 Co 2,7b+9-13     Mt 23,1-12

Par le Père Jean Paul Cazes

Ce passage d’évangile est dur contre les scribes et les pharisiens, comme le passage du prophète Malachie est dur contre les prêtres juifs. Durs, mais lucides. Prêtres, scribes et pharisiens ne font pas le lien entre leur enseignement et leur style de vie. Ils disent, mais ne font pas.

Les prêtres de Jésus-Christ sont menacés par la même attitude. Certes, le message qu’ils ont à délivrer les dépasse infiniment ; ce n’est pas au nom de leur sainteté personnelle qu’ils parlent, mais parce qu’ils ont reçu une mission. Dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, lorsque quelqu’un est appelé par le Seigneur, c’est pour remplir une mission ; s’il agit, s’il enseigne, c’est au nom de cette mission qu’il agit et enseigne, et non pas au nom de sa propre sainteté. Si le Seigneur ne devait choisir que des saints, il ne pourrait choisir personne. Il choisit toujours de pauvres pécheurs qui, comme n’importe quel baptisé, est appelé à la sainteté.

Mais la difficulté pour celui – ou celle – qui est choisi et qui agit et parle au nom du Seigneur, est de finir par croire que le seul fait de rappeler à tous l’enseignement de Jésus le place automatiquement au niveau de son enseignement. Vous connaissez peut-être la fable de l’âne qui porte des reliques ; je ne suis pas sûr qu’elle soit de La Fontaine, mais peu importe. Cette fable met en scène un âne qui, portant des reliques, en vient à penser que les gestes de vénération des fidè